Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris
22ème édition
frenesarit

Voyages dans nos Indes intérieures

Daphné Nan Le Sergent

Competizione #5

Diffusione live il sabato 17 ottobre alle 16:00 (UTC+2)

Sinossi

Il video presenta il racconto di un viaggio, quello degli europei che andarono verso l’ovest per raggiungere le Indie orientali. Scoprendo le Americhe, ignorano ancora tutto di questo nuovo mondo e le battezzano “Indie occidentali”. Gli abitanti saranno quindi degli indiani. La colonna sonora del video fa intervenire una cantante che riprende in tamil (India del Sud) un’aria amerindiana (canto kali’na, amerindiani della Guyana e del Suriname). Il racconto si trasforma poco a poco, il viaggio non è tanto quello compiuto da est verso ovest, ma piuttosto una ricerca profonda.

PaeseFrancia/Corea del Sud
Anno2019
Formato di proiezioneDigitale
Durata14'
Biografia

Daphné Nan Le Sergent, nata in Corea del Sud ed adottata in Francia, affronta la problematica del territorio e le questioni geopolitiche, oltre alla loro iscrizione corporale negli individui. Ad un territorio diviso corrisponde a volte una soggettività scissa, fratturata. Attraverso una partizione di immagini e di dittici Daphné Nan Le Sergent fa risuonare la «schize», questa divisione interna. Mano a mano il territorio dell’immagine (video/fotografia/disegno) diviene il luogo da cui i «gesti» dello sguardo, le loro traiettorie e i solchi nella materia visiva, si fanno eco di tutte le nostre tecniche del corpo e gli habitus culturali.

Daphné Le Sergent insegna all’Università Paris 8 ed è membra dell’AICA.

Mostre personali recenti: «Silver memories: how to reach the origin», Atelier Hermès Seul (2019); «Géopolitique de l’oubli», Satellite#11, Jeu de Paume, Parigi, CAPC Museo d’arte contemporanea di Bordeaux, Museo Amparo, Messico (2018). Mostre collettive recenti (selezione) : «Fiction territoriale», Espace Potentiel, Bruxelles (2020); «Pix’art», Institut français di Birmania (2019); «Entre2mondes», Carma, Guyane (2019); «Serendipity Art Festival», Goa, India (2018); «Mémoires, Archives et Créations», Sema Storage/Seoul Museum of Art, Seul (2018).

Testo del comitato di selezione

Est/Ovest, viaggio geografico/viaggio interno, Est/Ovest: i film e i video di Daphne Le Sergent mettono insieme, in cortocircuito, dati mentali e culturali provenienti da vari orizzonti per farli dialogare tra loro. Guidata da una domanda che si è posta qualche anno fa, come li usano gli artisti che non sono “né europei né nordamericani, e che non li hanno (forme sperimentali) integrati come il lento precipitare di una evoluzione sociale, economica e politica”? Voyages dans nos Indes intérieures risponde a questa domanda in modo brechtiano, un po’ distaccato, nella modalità musicale dell’Opéra de Quat’sous. Le canzoni tamil si mescolano a piani grafici in bianco e nero molto sofisticati. Ma il racconto si incrina in schizzi colorati quando vediamo mani che impastano la terra, la materia. Le chiavi non sono utili in quanto il viaggio è “filante”.

Tradotto dal tradottore www.DeepL.com/Translator

(R.B.)
Intervista

FCDEP

Comment avez-pouvez pensé Voyages dans nos Indes Intérieures ? Et quel a été votre processus de création ?

Daphné Nan le Sergent

Ce travail vidéo a été réalisé dans le cadre de deux résidences au CARMA à Mana (Guyane française) en 2017 et 2018. Le travail a été réalisé à destination de l’exposition du CARMA “Entre 2 Mondes”. Le propos de cette exposition était de réenvisager la rencontre entre navigateurs européens et populations amérindiennes après la découverte des Amériques. J’ai cherché à interroger les enjeux différents de la ligne dans le dessin amérindien kali’na et le dessin cartographique ou scientifique (botanique) européen. Le montage a été finalisé en 2020. 

 

Pour ce projet, j’ai voulu avoir une maîtrise de totale de mon sujet. La question de savoir comment dire ce que je voulais dire s’est rapidement imposée à moi. Je souhaitais porter mes réflexions par les images, mais c’est déjà oublier que les images elles aussi parlent. Tout le travail de montage a consisté à articuler ces différents éléments dont se compose le film. Et cela, afin de ne pas être dans une simple illustration discursive, mais de proposer également une exploration plastique. J’ai cherché à expliciter de manière intelligible cette rencontre civilisationnelle entre Amérindiens et Européens et donner à sentir l’écart des systèmes graphiques et perceptifs de ces peuples. J’ai donc opté pour des segments plutôt illustratifs et réservé mes recherches formelles à de plus petites séquences, afin de préserver la subtilité du discours dans l’alternance entre intelligible et sensible. 


Cela m’a conduit à stratifier ma vidéo par couche. Il y a d’abord ce mouvement qui part de la rencontre entre les Amérindiens et les occidentaux, et s’en vient questionner le moi et le sujet percevant. Mais il y a aussi un second mouvement, dont l’origine est la couche superficielle du modèle occidental, concentré sur la représentation mimétique du monde (par le contour, à des fins de prélèvement, de classification, et de hiérarchisation), qui vient s’opposer à l’intériorité des Amérindiens, cherchant à exprimer la mémoire profonde de l’être à travers une intensité kinesthésique de l’existence par le corps, à travers la danse et la marche notamment. C’est donc de ces mouvements opposés (entre Europe et Amérique, extérieur et intérieur) et de cette structure en couche, que prend forme Voyages dans nos Indes intérieures.

FCDEP

Comment a évolué votre travail par rapport à votre précédent projet La Géopolitique de l’oubli ?

Daphné Nan le Sergent

Que se soit dans La Géopolitique de l’oubli ou dans Voyages dans nos Indes intérieures la question de la dissociation y est omniprésente, bien qu’elle s’y retrouve de différemment. Je n’ai pas utilisé de splitscreen dans ce film comme j’avais pu le faire dans La Géopolitique de l’oubli ou encore Paysage Liminaire. Dans Voyages dans non Indes intérieures la dissociation se fond dans le sujet et ce qui est donné à voir, elle passe davantage par le discours, dans la dichotomie entre le chant indigène et les réflexions théoriques silencieuses qui apparaissent en sous-titre ; mais aussi dans cette opposition entre amérindiens et occidentaux. Cette récurrence est peut-être ce qui fait style chez moi.