Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris
22ème édition
frenesarit

Pérégrination, I

Lea Jiqqir

Competizione #4

Diffusione live il venerdì 16 ottobre alle 22:23 (UTC+2)

Sinossi

Una peregrinazione visiva, verbale in cui la frontiera tra un monologo intimo ed un dialogo collettivo svanisce nell’universalismo delle questioni identitarie.
Sull’immagine in piano sequenza la parola si srotola, vaga liberamente a zigzag, per perdersi o riorientarsi. Parole, pensieri quotidiani e spontanei sulla mia - le nostre - identità pluriculturali, problematiche, ibride.

PaeseFrancia
Anno2020
Formato di proiezioneDigitale
Durata6'35
Biografia

Artista che vive a Nancy (Francia)

Il lavoro di Lea Jiqqir, artista franco-marocchina semi-autodidatta e semi-diplomata dell’ENSAD di Nancy, si sviluppa attraverso diversi media, soprattutto quello del video. Con i suoi lavori esplora i meandri delle ambivalenze identitarie: la genealogia, il ritorno alle radici (e le deviazioni), la trasmissione, il dualismo in tutte le sue forme… Dall’incisione al video, a volte alla frontiera con il documentario, il suo lavoro tenta ben o male di far dialogare il passato e il presente, decostruire gli interrogativi intimi ed universali. Con il prisma dell’autobiografia, della poesia di finzione, dell’investigazione autodidatta, i lavori di Lea Jiqqir si confrontano, si oppongono, si coniugano in una mutazione permanente, instabile, tra progressione e digressione.

Lea Jiqqir sviluppa una carriera di musicista col duo elettro-psyche Taxi Kebab, mantenendo da vicino o da lontano un piede nella creazione visiva (programmazione di eventi, collaborazioni occasionali…)

Testo del comitato di selezione

Come affrontare e visualizzare un “interrogarsi sull’identità” al di fuori della finzione?
Attraverso un dispositivo di sperimentazione documentaria dove il visivo viene cercato a lungo, avvicinato e poi appropriato. La regista utilizza in modo mobile e carezzevole una lunga sequenza di inquadrature che voluttuosamente ruota intorno alle strade e alla vegetazione fungendo da contenitore differito per una riflessione sulla doppia identità di una bambina e di suo padre che vengono dal Marocco e che si trovano - Lea Jiqqir si chiede in un momento di sapere se suo padre prova la sua stessa angoscia e allo stesso modo -, infatti, in un’aporia identitaria: troppo europea nel paese e non abbastanza francese qui! Si crea un equilibrio tra i percorsi difficili e i percorsi interiori del regista che trasforma questo film sensibile in un dialogo impeccabile.

Tradotto dal traduttore www.DeepL.com/Translator

(R.B.)
Intervista

FCDEP

Pouvez-vous revenir sur la genèse de Pérégrination I ? Quelle a été l’impulsion qui vous a conduite à le faire ?

Lea Jiqqir

Cela fait longtemps que je fais converger mes pratiques (dessin, vidéo, musique, photographie) vers un même point : celui des questions d’identités au sens large du terme. Au fil des années, chaque strate de mes identités s’ajoute aux questionnements dans lesquels se construisent mes travaux. Lorsque j’ai entamé le travail sur Pérégrination I, cela faisait un certain temps que je n’avais pas réalisé d’œuvres « plastiques », et j’étais dans une sorte de « période off » dans mon travail de musicienne. J’ai donc ressenti un besoin viscéral de permettre une expression des questions qui me sont quotidiennes, et profondément fondamentales dans mon travail comme dans ma vie privée : celles de la généalogie, de mon identité de fille d’immigré marocain, de femme franco-marocaine vivant en France, du passé de mon père défunt et de ses troubles identitaires… Pour ne pas me perdre dans ces tourbillons identitaires, j’écris beaucoup. Ce jour-là j’ai écrit de manière tout à fait impulsive un texte qui est devenu celui du film. J’ai enregistré une première lecture en one-shot, avec ce que j’avais à la maison : un zoom de mauvaise qualité et mon téléphone portable. Le résultat était auditivement médiocre, mais après d’autres essais, aucune des prises n’avait la première intention de la première lecture du texte, dans laquelle les modifications furent improvisées durant l’enregistrement. C’est seulement quelques jours plus tard que j’ai fouillé dans mon disque dur mal organisé, et que j’ai re-visionné un certain nombre de rushs tournés la dernière fois que j’étais au Maroc. C’était mon premier voyage au Maroc sans y voir les quelques membres de ma famille qui y vivent, et avec qui les liens ont été fortement distendus et dégradés par l’histoire familiale et le temps. Ces rushs ont été tournés en plans séquences sur une longue route en lacets dans le haut-atlas. Cela faisait un bon bout de temps que je n’y avais pas mis les pieds, je savais, en tournant, que j’allais un jour utiliser ces images.

FCDEP

Concernant l’image, quel matériel as-tu utilisé pour filmer ? As-tu d’abord pensé à la forme du film ou au contraire as-tu écrit le texte avant ? 

Lea Jiqqir

Comme on peut le deviner plus haut, je ne suis pas la reine du « matos », et j’aime le geste et la frustration de « l’insuffisance matérielle ». À ce moment-là, j’avais la possibilité de partir au Maroc avec un matériel bien plus performant, et, pourtant je me suis bornée à garder mon vieil appareil Canon tout léger, une paire de batteries et de bonnes cartes mémoire. 

Et, comme dit également précédemment, c’est plus d’un an après la réalisation de ces images que le texte a été écrit. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise habitude, mais je laisse souvent la matière de côté, parfois je l’oublie, parfois je la range et je la réactive à moitié, parfois je m’en saisis parce que je sais pertinemment que c’est cela qu’il me faut, et que « ce n’est pas un hasard si je l’ai fait, et conservé ».

FCDEP

Combien de temps a pris l’élaboration du film dans son ensemble ? 

Lea Jiqqir

Les images ont été tournées au fil d’une seule journée. Le texte et l’enregistrement audio m’ont pris approximativement une demie journée. Le choix du plan-séquence, l’étalonnage, la colorimétrie, et le montage son, en une ou deux journées. Je ne suis pas revenue dessus avant d’avoir à créer des sous-titres.

FCDEP

Pouvez-vous me dire comment ton film s’inscrit dans ton travail ? Opère-t-il une rupture ou alors une continuité avec le reste de tes créations ? Pérégrination I est-il le premier chapitre d’une série de film ?

Lea Jiqqir

Mon travail est très « haché » dans le temps et dans les médiums que j’utilise. Ayant désormais une activité professionnelle de musicienne, à plein temps, le travail de vidéo à partir d’archives personnelles est celui que je privilégie lorsque je suis en « repos ». Depuis mes débuts aux Beaux-Arts de Nancy, mon travail est fortement ancré dans un registre narratif et autobiographique, dans la recherche généalogique, l’anthroponymie, et dans une forme de mise en poésie des troubles de mon histoire familiale. Dans une perpétuelle évolution, notamment sur le plan « psychologique », Pérégrination I n’est qu’une fraction du processus de réappropriation de ma mémoire familiale, de mes identités, d’acceptation… Sa forme plastique lui est propre et est liée à un instant T de « ce que j’ai à raconter », « ce que j’ai besoin de raconter ». Il est donc bien dans une continuité du reste de mon travail. Là où je ne peux pas exprimer certaines choses, comme par l’illustration ou la musique, je trouve parfois un médium qui « colle » à ce besoin d’expression narrative. Là où, en revanche, il peut faire figure de rupture, c’est davantage dans la manière d’amener mon discours. Dans Pérégrination I, bien qu’il emprunte une certaine poésie, mon texte est beaucoup plus frontal dans l’intimité que dans d’autres médiums. J’ai le sentiment qu’il est reçu davantage comme un témoignage brut plutôt qu’une image suggérée. Si je l’ai titré Pérégrination I, c’est parce que, sans pour autant planifier un prochain travail vidéo Pérégrination II, je sais que ce besoin d’écrire et d’utiliser la parole est chronique, et que l’image vidéo en plan-séquence est pour moi sensiblement liée à cet élan d’expression.